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Captures d'écran de l'application MyPokerSeries sur smartphone, sur fond de Las Vegas Strip
Par Stéphane

Comment choisir ses tournois et construire son programme cet été à Las Vegas

Avec plus de 1 500 tournois cet été à Vegas, voici une méthode objective pour bâtir un programme cohérent — profondeur de structure et rapport qualité/prix.

Été 2026 — plus de 1 500 tournois au programme. Voici comment ne pas se perdre.

Chaque été, le même scénario se répète. Tu arrives à Las Vegas avec un budget plus ou moins défini, une fenêtre de dates serrée, et face à toi : un programme de plusieurs centaines de tournois répartis sur une dizaine de casinos, des buy-ins de $100 à $250 000, des formats qui vont du turbo express expédié en trois heures au Main Event WSOP sur presque deux semaines. Sans méthode, tu joues ce qui tombe, tu rates ce qui comptait, et tu rentres avec le sentiment diffus d’avoir mal optimisé ton séjour.

C’est précisément le problème qu’on cherchait à résoudre en lançant MyPokerSeries.

Cet article propose une approche structurée pour construire son planning — basée sur deux critères objectifs : la profondeur de structure et le rapport qualité/prix. Et quelques recommandations concrètes pour l’été 2026.

Préambule

Avant toute chose, je préfère préciser que cet article s’adresse essentiellement aux joueurs de No Limit Hold’em et de PLO. Je ne suis pas suffisamment expert pour évoquer les tournois de variantes et la façon de les sélectionner.

Je précise également que bien qu’utilisant la plupart du temps des critères objectifs, il y a forcément une part de subjectivité et d’éléments qu’on ne peut pas capter. Par exemple certains joueurs sont des fanatiques du Golden Nugget, tu peux leur démontrer par A+B qu’il y a des tournois bien plus qualitatifs, eux ce qu’ils aiment c’est de jouer au Golden Nugget, pas la peine d’aller plus loin. D’autres préfèrent les tournois turbos, libre à eux bien entendu. Ici je me base sur les goûts d’un joueur qui veut en avoir pour son argent : c’est-à-dire que s’il fait un effort financier pour s’inscrire il peut espérer jouer au moins une bonne partie de la journée sans être obligé de passer 5 flips d’affilée à partir de 2h de jeu.

Pourquoi la structure d’un tournoi change tout

La plupart des joueurs choisissent leurs tournois sur deux critères : le buy-in et la garantie. Parfois sur le stack de départ : « plus j’ai de jetons mieux c’est ». Tout ceci est partiellement une erreur. La garantie attire les poissons, certes, mais si la structure est turbo, tu passes l’essentiel du tournoi en push-or-fold avec 15 blindes. Le skill edge s’évapore, le hasard reprend ses droits, et la garantie ne compense pas.

Ce qui détermine réellement la qualité d’un tournoi, c’est le nombre de niveaux et le temps effectif que tu vas jouer avant d’atteindre les zones critiques de stack. On peut l’estimer via ce qu’on appelle le SPTS (structure points) — un indicateur synthétique inventé par « plog », un régulier du forum US TwoPlusTwo, et qui prend en compte à la fois la durée des niveaux, la profondeur de départ en blindes et la vitesse de progression des blindes.

  • SPTS de 30–40 : tournoi rapide, résultats très aléatoires
  • SPTS de 80–100 : structure solide, le jeu compte vraiment
  • Au-delà de 120 : territoire des gros events de référence
  • Le WSOP Main Event culmine à 340 — une catégorie à part

Mypokerseries Calendrier Tournois SPTS

Mais le SPTS n’est pas tout !

Intégrer le buy-in dans l’équation : la notion de rating

Un SPTS de 80 à $250 et un SPTS de 80 à $5 000, ce n’est pas du tout la même proposition. Le premier est une pépite profonde accessible pour presque tout le monde, le second est bien moins abordable pour finalement exactement le même tournoi. Le rating corrige cette distorsion en pondérant le SPTS par le buy-in : un tournoi avec une bonne structure et un buy-in raisonnable est mieux noté qu’un event équivalent structurellement mais bien plus cher.

C’est cet indicateur combiné qui permet de repérer les vraies opportunités — les tournois où tu obtiens le plus de “profondeur de jeu” par dollar investi.

Construire son programme : la méthode par ranges de buy-in

La première étape est d’être honnête avec toi-même sur ton budget (et cela va souvent de pair avec ton niveau). Pas le budget “dans un bon scénario”, le budget réel, incluant les re-entries probables. Une fois ce plafond fixé, il faut travailler range par range.

Si tu es plutôt un joueur modeste qui séjourne à Vegas une semaine avec un budget de $1 500 consacré au poker et qui veut jouer tous les jours, alors il faudra se fixer une range inférieure à $200. Si au contraire tu arrives avec $10 000 de bankroll pour 10 jours, tu peux peut-être viser la range $500 / $1 500.

Attention, viser une range de buy-in ne veut pas dire qu’on ne peut pas en sortir. Rien n’empêche de mixer pour pouvoir s’offrir le beau tournoi un peu hors budget. Mais quoiqu’il arrive je crois essentiel d’avoir déjà fait un plan précis de son programme approximatif, c’est bien plus confortable et ça permet de ne pas passer 2h chaque matin à tergiverser sur ses choix.

≤ $250 — Le nano, à utiliser avec discernement

Cette range existe et elle a sa place dans un programme, notamment pour chauffer, occuper les soirées creuses ou tester une salle. Ou encore pour les micro-bankrolls qui ne peuvent pas s’offrir des tournois plus ambitieux. Mais les structures y sont généralement médiocres.

En été 2026, les meilleurs events de cette range affichent un SPTS autour de 45–55, ce qui reste modeste. South Point et Horseshoe dominent en volume mais avec des structures à éviter si tu cherches du jeu réel. Le Venetian et le MGM proposent quelques Bounty à $250 avec un SPTS de 55 — c’est le plafond de la range.

Signalons toutefois une petite pépite le 20 juin : un tournoi Ladies à $250 au MGM avec une très belle structure pour ce buy-in, le rake de 20% est toutefois excessif.

Usage recommandé : sessions d’échauffement, journées sans event mid-stakes, ancrage de programme uniquement pour micro-bankroll.

$251 – $500 — La range la plus riche de l’été

C’est ici que se concentre la vraie valeur. L’abondance de l’offre et la compétition entre les salles ont produit une range exceptionnellement bien garnie en 2026. Les SPTS vont de 26 à 108.

Les événements à retenir sur la période mai-juillet :

  • Monster Stack NLHE Orleans à $300 (SPTS 73, rating 5/5) — le meilleur rapport qualité/prix accessible de la saison
  • Mega Stack NLHE Orleans à $400 (SPTS 77, rating 5/5) — même série, légèrement plus profond mais également un peu plus cher
  • Sunday Special Orleans à $300+$100 add-on (SPTS 81, rating 5/5) — à intégrer dans le planning du dimanche, un must avec beaucoup de monde
  • Colossus WSOP à $500 (SPTS 108, rating 4.5/5) — le 10 juin, meilleur SPTS disponible dans cette range sur toute la période WSOP
  • Salute to Warriors à $500 le 21 juin a également les mêmes caractéristiques et est un must
  • Le MGM propose également pas mal de tournois à $400 avec une structure correcte

$501 – $1 100 — Le WSOP s’impose

Dans cette range, le WSOP monte clairement en puissance. Ses events à $1 000 affichent des SPTS qui atteignent 133, soit les meilleures structures disponibles à ces niveaux de buy-in.

  • Seniors (50+) NLHE Championship WSOP à $1 000 (SPTS 133, rating 5/5) — 15–16 juin
  • Tag Team NLHE WSOP à $1 000 (SPTS 133, rating 5/5) — 24 juin. Format inhabituel, excellent pour jouer en équipe ce qui est quand même rare dans ce jeu individuel
  • Deepstack Championship NLHE WSOP à $600 (SPTS 104, rating 4.5/5) — 1er juillet, meilleur rapport SPTS/dollar de la range
  • Ladies Mega Stack Orleans à $600 (SPTS 88, rating 4.5/5) — 19 juin
  • NLHE Venetian à $800 (SPTS 103, rating 4.5/5) — très solide si tu veux rester hors WSOP

$1 100 – $5 500 — Monster Stack et Millionaire Maker

Si tu joues dans cette range, deux events se détachent nettement :

  • Monster Stack NLHE WSOP à $1 500 (SPTS 162) — 3–6 juin. C’est clairement le meilleur tournoi en dehors du Main Event. Cinq jours de jeu, un field énorme, une structure qui permet de vraiment jouer.
  • Millionaire Maker NLHE WSOP à $1 500 (SPTS 141) — 17 juin. Même philosophie, structure légèrement différente mais c’est un must aussi.

Ces deux tournois valent également la peine de déroger un peu à sa range de buy-in. Ils sont tellement beaux que le critère plaisir est à lui seul un facteur. D’autres tournois valent la peine dans cette range, pratiquement tous issus du programme des WSOP.

$5 500 et plus — Le Main Event et les High Rollers

À ce niveau, l’analyse par SPTS/rating reste valide mais le contexte change : les High Rollers $25k–$250k ont des très bonnes structures (SPTS 136–178) mais forcément le ratio n’est pas excellent. Cependant, ils sont à eux seuls une catégorie à part où d’autres considérations sont importantes.

Dans le monde des êtres humains, le Main Event WSOP à $10 000 (SPTS 340, rating 5/5) est dans une catégorie à part — la structure la plus profonde du calendrier mondial. Si tu as le budget et que Las Vegas fait partie de ton été, c’est un tournoi à avoir joué au moins une fois assurément.

À l’autre bout du programme, début juin, on peut signaler un GGMillions$ à $10 000 qui possède une très belle structure. Il sera assurément plus sharky que le Main Event, très ciblé par les riches amateurs.

Les casinos : ce que les données disent

Sur la période mai-juillet 2026, le classement par rating moyen donne :

  • MGM Grand (3.6) — programme concentré en juin, excellent rapport pour la range $400
  • WSOP (3.5) — structures plus belles mais buy-ins plus élevés
  • Orleans (3.4) — meilleure valeur pour les petites bankrolls
  • Venetian (2.9) sur la période. C’est un casino qui propose des series toute l’année mais qui augmente ses buy-ins l’été lorsque la fréquentation augmente, et dégrade les structures des buy-ins les plus faibles. Assurément un casino à fréquenter hors période estivale.
  • Horseshoe (0.91) — en dehors des WSOP, les tournois n’ont un intérêt que pour pouvoir y jouer dans les conditions des WSOP, et pour jouer un petit tournoi complémentaire après avoir bust un WSOP sans avoir à changer de casino.

Construire son planning : les principes

Une fois les données en tête, quelques principes pratiques pour construire un programme cohérent :

  1. Ancrer les événements “piliers” correspondant à ta range principale, ou bien au petit plaisir que tu souhaites t’offrir, puis remplir les journées creuses avec des events de rang inférieur ou du cash game.
  2. Vérifier les chevauchements : les gros events multi-jours (Monster Stack, Millionaire Maker, Main Event) mobilisent plusieurs jours d’affilée. Si tu te retrouves en fin de tournoi au moment d’un event que tu voulais aussi jouer, il faut trancher à l’avance. Et puis surtout il faut éviter de s’inscrire à des tournois qui peuvent entrer en conflit de date. On a tous entendu l’histoire du type qui est qualifié à 2 Day 2 différents le même jour.
  3. Intégrer les re-entries dans le budget : un tournoi avec re-entry illimitée peut coûter 2x ou 3x le buy-in affiché en pratique. C’est à intégrer dans le calcul réel, pas dans le SPTS. Du reste, je recommande à chacun d’avoir une stratégie de re-entry calée à l’avance et de s’y tenir (par exemple « je ne re-entry pas ce tournoi avec moins de 80bb »). Cela évite de re-entry 25bb deep après s’être fait craquer AA et de gâcher un buy-in car le tilt n’arrive pas à redescendre. Tellement classique.
  4. Ne pas négliger les salles hors Strip : l’Orleans en particulier offre parmi les meilleures structures pour les bankrolls modestes. Et les fields sont réputés assez soft.
  5. Garder de la flexibilité : les meilleures structures sont souvent connues à l’avance, mais les conditions sur place (fatigue, variance, opportunités de cash game) doivent pouvoir modifier le plan.

Discussion

Dans cet article, je ne parle ni du Wynn, ni du Golden Nugget, ni de l’Aria. Je précise que cet article a été écrit le 5 mai 2026. Nous sommes à 2, 3 et 4 semaines du début des séries du Wynn, du Nugget et de l’Aria, et qu’à ce jour aucun des 3 casinos n’a publié ses structures alors que tous les autres l’ont fait depuis de nombreuses semaines. Je ne ferai pas de commentaire désagréable, même si je n’en pense pas moins, et je vais donc faire une analyse à l’emporte-pièce en me basant sur ce qu’on sait des années précédentes.

Le Wynn est clairement orienté vers une clientèle aisée, les tournois sur 1 jour sont des crapshots et chers. Si vous voulez y prendre place ce n’est clairement pas pour la qualité de la structure que vous devez le faire, mais sur d’autres critères.

L’Aria offre généralement un programme un peu plus démocratique mais ses buy-ins ont eu une tendance à beaucoup augmenter ces dernières années, n’offrant plus beaucoup d’opportunités pour les petites bankrolls. Le confort de jeu peut aussi être discuté quand vous jouez au milieu des machines à sous et à côté du bar qui met la musique à fond.

À l’autre bout du spectre (et de la ville) on trouve le Golden Nugget. Espérons que le coup de pied au fond de la piscine sera suffisamment vigoureux pour effacer la bérézina de la série de 2025. Il faut sauver le soldat Nugget — « Saving Private Ryan ». Nous verrons si les boss du casino ont la même aspiration et auront pris les enseignements de l’an dernier : si tu respectes les joueurs avec des beaux tournois, des structures correctes et un rake raisonnable, ils rempliront ta salle. Ce n’est pas tellement plus compliqué.

Dernier point que j’aimerais évoquer : dans cette analyse j’ai regardé tout ce qui est proposé du 26 mai au 15 juillet, c’est-à-dire pendant les WSOP. Mais il faut savoir qu’il y a des tournois avant et après. Et d’ailleurs, ils sont parfois bien meilleurs. Le Venetian propose généralement des tournois abordables et excellents en mai et fin juillet. Pour le Wynn, c’est un peu différent mais l’idée que les tournois sont plus profonds hors période estivale est valable aussi.

En résumé

Choisir ses tournois à Las Vegas sans méthode, c’est jouer au hasard avant même de s’asseoir à la table. La profondeur de structure est le critère fondamental, le buy-in détermine l’accessibilité, et le ratio des deux donne la vraie valeur d’un event.

Pour l’été 2026, les pépites se trouvent principalement dans la range $250–$500 (Venetian, Orleans, WSOP Colossus) et dans la range $1 500 (Monster Stack et Millionaire Maker WSOP). Le reste du programme mérite une lecture critique avant d’engager sa bankroll.

Bonne nouvelle : sur chaque fiche tournoi MyPokerSeries, un score allant de 0 à 5 cœurs reprend exactement cette logique spts / buy-in — un coup d’œil suffit pour repérer les tournois intéressants sans refaire les calculs.